Deux heures en compagnie de Haroun Bouazzi et d’Eve Torres

bouazzi torres

Texte écrit avec François Doyon

Jeudi le 25 janvier 2018, nous avons assisté, dans une salle de l’UQAM, à une conférence sur l’islamophobie donnée par Haroun Bouazzi et Eve Torres. Nous nous sommes rendus à cette activité avec beaucoup de perplexité, étant donné le sous-titre que l’on pouvait lire sur l’affiche : « Un an après l’attentat meurtrier à Québec, les musulman.e.s (sic) québécoi.e.s (sic) sont de plus en plus harcelé.e.s (sic) par le gouvernement et les médias. » D’une part, juste à la façon d’écrire, nous pouvions nous douter que nous aurions affaire à des partisans de ce que nous appelons la gauche régressive : une gauche irrationnelle qui ne fait que dans l’appel aux sentiments, dans les cris à l’oppression, et qui divise le monde en bons et en mauvais, tout en appelant à la censure et en cautionnant les versions les plus rétrogrades des religions, d’où le qualificatif « régressive ». En fait, nous faisions plus que nous en douter, puisque nous connaissons déjà passablement les discours de Haroun Bouazzi et ceux d’Eve Torres. Le premier se fait donner le micro plus souvent qu’à son tour et adopte les nouveaux discours (fallacieux) sur le racisme ; la deuxième a participé à des activités sur le « féminisme » intersectionnel.  Nous nous souvenons d’ailleurs que, lors d’un panel à l’Université de Montréal sur le racisme systémique, Bouazzi a utilisé son temps de parole, non pas pour faire un exposé sur le racisme, mais pour dénigrer trois des panelistes avant d’affirmer qu’ils n’auraient pas dû être invités et d’annoncer qu’il ne resterait pas pour débattre. Quant à Eve Torres, nous nous souvenons de sa présence à un souper faisant la promotion d’une DPJ musulmane le 14 avril dernier. D’autre part, nous trouvons assez audacieux de la part de Bouazzi, qui encore une fois, a largement sa place dans les médias pour donner ses arguments, de parler de harcèlement de la part de ceux-ci. Nous nous demandions aussi franchement de quel harcèlement il s’agissait. Allait-on encore nous parler de la soi-disant islamophobie de Richard Martineau? De Mathieu Bock-Côté? Ou peut-être que le traitement médiatique de la demande de faire du 29 janvier une journée nationale contre l’islamophobie est perçue par ces militants comme du harcèlement? Quoi qu’il en soit, nous nous sommes assis, nous avons écouté, nous avons pris des notes. Nous aurions voulu poser des questions, mais nous avons remarqué qu’on évitait soigneusement de nous donner la parole durant la période de questions, et ce, même si nous avons été parmi les premiers à lever la main.

« Aussi, ce n’est pas parce que le concept d’islamophobie est utilisé trop souvent, ou qu’il est utilisé à tort, que l’on peut conclure que la discrimination ou l’hostilité envers les musulmans n’existent pas. Cependant, si le concept d’islamophobie est frauduleux, ce n’est pas seulement parce qu’il est utilisé trop souvent et à tort ; c’est aussi et surtout parce qu’en voulant le faire passer comme une forme de racisme, on voudrait faire passer l’opposition à une doctrine ou idéologie (l’islam) pour du racisme. »

Bouazzi a introduit son exposé avec un argument qui n’est pas sans poids : invoquer que le concept d’islamophobie est instrumentalisé n’est pas suffisant pour dire que ce concept n’a aucune pertinence. En effet, ce n’est pas parce que le féminisme, par exemple, est instrumentalisé qu’il n’a pas de pertinence (exemple donné par Bouazzi lui-même). On pourrait d’ailleurs en dire autant du racisme anti-Noirs : s’il est possible pour des gens de l’instrumentaliser, il faudrait être bien naïf, ou inconscient, ou de mauvaise foi, pour prétendre que le racisme contre les Noirs est chose du passé. Aussi, ce n’est pas parce que le concept d’islamophobie est utilisé trop souvent, ou qu’il est utilisé à tort, que l’on peut conclure que la discrimination ou l’hostilité envers les musulmans n’existent pas. Cependant, si le concept d’islamophobie est frauduleux, ce n’est pas seulement parce qu’il est utilisé trop souvent et à tort ; c’est aussi et surtout parce qu’en voulant le faire passer comme une forme de racisme, on voudrait faire passer l’opposition à une doctrine ou idéologie (l’islam) pour du racisme. Même les personnes de culture musulmane, même les musulmans croyants mais réformistes se font traiter d’islamophobes parce qu’ils critiquent des éléments de cette idéologie! (Ce n’est pas parce qu’une idéologie a le titre de religion que ce n’est plus une idéologie.)

Bouazzi a énuméré quatre reproches souvent faits au concept d’islamophobie par ceux qui en questionnent la pertinence :

  • il est instrumentalisé pour empêcher les critiques de l’islam ;
  • il a été inventé par des mollahs iraniens pour empêcher de critiquer l’islam radical ;
  • une phobie est une peur et on a le droit d’avoir peur de l’islam ;
  • les musulmans ne sont pas une race.

Bouazzi y est ensuite allé de ses arguments habituels. Il a d’abord signalé que les Noirs ne sont techniquement pas une race non plus. Toute juste que cette affirmation puisse être, ça ne la rend pas moins fallacieuse dans le contexte. L’argument de Bouazzi se complète comme suit : les Noirs sont « racisés » en fonction de leur couleur ; d’autres peuvent être « racisés » en fonction d’autre chose, par exemple, leur religion. Or, s’il est vrai que les Noirs ne sont pas une race, ni même une ethnie (il y a plusieurs ethnies dans lesquelles les gens ont la peau assez foncée pour être classés comme des Noirs), il n’en demeure pas moins que le concept de racisme désigne traditionnellement le fait de hiérarchiser les êtres humains en fonction de facteurs génétiques : la couleur de peau en fait partie. Les religions sont des systèmes de croyances, des idéologies. On n’est pas davantage « racisé » en fonction de sa religion qu’on peut l’être en fonction de si on est anarchiste, libertarien, féministe, écologiste, etc. Mais, nous direz-vous, selon l’origine ethnique, les gens ont plus de chance d’adhérer, ou simplement d’être influencés par une religion plutôt qu’une autre : il y a plus de Marocains musulmans que de Français musulmans. Soit. Vous avez aussi beaucoup plus de chance de trouver des républicains chez les Français que chez les Britanniques, et ça ne fait pas de l’opposition à l’idéologie républicaine une forme de racisme contre les Français. Dénigrer les personnes noires en raison de leur couleur, être convaincu que les personnes noires sont par natures inférieures aux personnes d’autres couleurs, ne peut d’aucune manière se comparer à la critique, même virulente, même irrévérencieuse, d’une religion, d’une doctrine ou d’une idéologie. Aussi, si nous admettons sans problème qu’il existe des gens hostiles aux musulmans (ou aux Arabes, deux groupes souvent confondus par ceux qui nourrissent une telle hostilité), aussi longtemps que l’opposition à des aspects de l’islam, que ce soit le voile, la ségrégation entre les sexes dans les mosquées, ou autre chose, sera assimilée à du racisme, nous persisterons à dire que le concept d’islamophobie est frauduleux.

Bouazzi a d’autant moins de crédibilité lorsqu’il parle de l’islamophobie comme d’une forme de racisme qu’il ne se limite pas aux cas où il semble bel et bien y avoir de l’hostilité envers les musulmans en général. Entre autres, il parle souvent des réactions de beaucoup de gens face aux « femmes qui portent le foulard ». Il est à noter qu’Eve Torres utilise aussi cette expression. Mais les femmes dont il parle ne sont pas simplement “des femmes qui portent le foulard”. Ce procédé de basse rhétorique, Bouazzi l’utilise constamment ; il veut sans doute par là nous faire croire que le voile islamiste est un accessoire comme un autre : « C’est un simple foulard. » Un grand nombre de Nord-Américaines sont “des femmes qui portent le foulard” en hiver. Une femme qui porte le voile islamiste, c’est toute autre chose. Réagir à un signe porteur d’une signification passablement claire, qui heurte nos valeurs, ne peut être assimilé ni à une réaction à un simple accessoire qui nous déplaît (nous n’aimons pas les anneaux dans le nez, mais ceux et celles qui en portent un ne nous communiquent aucun message particulier, alors nous n’avons pas de raison valable de réagir), ni au racisme. De plus, on ne peut pas prétendre que quiconque réagit au voile islamiste montre par là une hostilité généralisée envers les musulmans : ce ne sont pas toutes les musulmanes qui le portent, il y a des musulmans qui s’opposent au voile. Réagir au voile, c’est réagir à un signe qui a une signification socialement établie et passablement claire. Il n’y a pas de raison de supposer, sans indice supplémentaire, qu’une réaction négative face au voile est due à une hostilité généralisée envers les musulmans.

Eve Torres s’est victimisée par rapport au fait que ce que les gens voient surtout chez elle, c’est son voile. Or quand on porte un signe aussi visible et porteur de signification, il faut en assumer les conséquences, particulièrement quand, comme Madame Torres, on assure le faire par choix. Madame Torres déplore que des gens la voient comme une “femme voilée” et non comme une personne pouvant être porteuse des mêmes valeurs qu’eux. Nous, auteurs de ce billet, affirmons sans réserve que nous ne voyons pas Madame Torres comme quelqu’un de porteur des mêmes valeurs que nous. Elle s’est plainte que des gens ne veuillent pas être ses alliés. Et elle, veut-elle vraiment être notre alliée ? A-t-elle la moindre sensibilité quant à l’effet que son voile peut avoir sur :

  • les féministes (particulièrement celles qui ont connu l’époque où les Québécoises ont dû lutter pour pouvoir entrer à l’église sans se couvrir la tête, où la première députée à l’Assemblée nationale a dû lutter pour pouvoir siéger nu-tête, ainsi que toutes celles qui ne négligent pas un passé simplement parce qu’elles ne l’ont pas vécu ; sans parler de celles qui ont lutté et luttent encore contre la mentalité voulant que ce soit aux femmes de se couvrir et qu’une femme peu couverte qui se fait agresser l’a cherché ) ;
  • les femmes qui viennent de pays musulmans, qui ont fui parce qu’elles ne voulaient pas porter le voile islamiste ni se faire imposer les autres règles sexistes des interprétations conservatrices de l’islam ;
  • les personnes LGB (lesbiennes, gais, bisexuel (le)s) qui savent bien que l’homosexualité est présentée comme un péché dans l’islam ;
  • etc.

« [Eve Torres] s’est plainte que des gens ne veuillent pas être ses alliés. Et elle, veut-elle vraiment être notre alliée ? »

Il y a plusieurs raisons qui nous font affirmer qu’une musulmane qui porte un voile ne peut pas partager les mêmes valeurs que nous, auteurs de ce billet. Nous sommes anti-théistes et pro-laïcité. Tout signe d’appartenance à une religion va à l’encontre de l’anti-théisme. Ceux qui viennent avec l’obligation d’être portés en tout lieu, y compris dans les institutions publiques — et c’est le cas du voile islamiste — vont à l’encontre de la laïcité. Nous sommes également pour les droits des LGB et pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Non seulement l’islam présente l’homosexualité comme un péché et infériorise la femme par rapport à l’homme, mais de plus, le voile islamique est directement porteur d’un message très sexiste. Il présente le corps de la femme comme une obscénité qui doit être cachée, il met sur la femme la responsabilité de se cacher pour ne pas inciter les hommes à la harceler, et il fait de la femme un objet réservé à son mari, tout en suggérant qu’une femme ne peut pas avoir d’autres raisons de se vêtir légèrement que de séduire. Son corps est un objet érotique, bien avant d’être un corps humain.

Bref, Madame Torres a certes le droit de porter un voile, mais elle ne peut pas exiger des autres qu’ils fassent semblant qu’elle n’en porte pas. Nous devons être tolérants, mais nous n’avons aucunement le devoir d’être indifférents au voile islamiste, encore moins de l’aimer. Nous n’avons aucun devoir de nous allier à Madame Torres, ni à quiconque affiche des signes exprimant des convictions qui heurtent les nôtres. Si elle prétend qu’elle n’interprète pas son voile comme nous le faisons, elle doit aussi savoir que quand on affiche quelque chose devant les autres, on ne peut pas les empêcher d’interpréter ce qu’ils voient selon les références déjà socialement connues par rapport à ce signe. C’est d’ailleurs pour cela que, dans des contextes particuliers, des limites vestimentaires peuvent être de rigueur.

À la conférence, Annie-Ève Collin portait justement un t-shirt qui s’inscrit dans son militantisme féministe, sur lequel on voyait l’inscription : “Proud TERF”. Elle s’est réapproprié un terme censé être injurieux, employé surtout par des militants transgenre et queers, ainsi que par des féministes (sic) intersectionnelles, qui sert à s’en prendre aux féministes qui refusent l’idéologie du genre et qui refusent que les droits des personnes trans et autoproclamées non binaires s’exercent au détriment de ceux des femmes. Qui aurait la mauvaise foi de prétendre que “ce n’est qu’un t-shirt” ? Ceux qui prétendent que le voile islamiste “n’est qu’un foulard” auraient-ils cette prétention-là aussi ? Revenons à cette espèce d’injonction pour que les autres voient en soi « une personne véhiculant les mêmes valeurs qu’eux », un(e) allié(e) : Annie-Ève ne s’attendrait jamais à ce que des féministes (sic) intersectionnelles ou des militants transgenre ou queers voient en elle une alliée ou une personne qui partage leurs valeurs, spécialement pas quand elle porte son t-shirt avec l’inscription « Proud TERF ». Ces gens sont obligés de tolérer l’existence d’Annie-Ève, son usage de sa liberté d’expression, ils doivent respecter ses droits fondamentaux, mais ils n’ont absolument pas l’obligation de s’associer à elle, et ils ont entièrement le droit de critiquer ses positions, y compris quand elle les exprime par son habillement.

« Prétendre que les croyants seraient exclus parce qu’on attendrait d’eux la même chose qu’on attend de tous, à savoir, respecter des limites quant à leur habillement et exercer leur liberté d’expression dans un cadre compatible avec un décorum qui peut s’appliquer dans telles ou telles circonstances, c’est de la victimisation et un appel aux sentiments. »

Il a été question de la commission Bouchard-Taylor et de la laïcité, particulièrement de l’idée d’interdire les signes religieux dans la fonction publique : selon Bouazzi et Torres, on exclurait des personnes de la fonction publique en imposant un code vestimentaire qui exigerait de ne pas porter de signes religieux. Nous supposons que les personnes “exclues” seraient celles qui portent des signes religieux… et pourtant, nous, auteurs de ce billet, travaillons dans des cégeps publics, où nous devons respecter certaines limites, éviter de porter certains de nos vêtements et accessoires ; nous ne sommes pas exclus de l’enseignement ou de la fonction publique pour autant. Le t-shirt qu’Annie-Ève portait au colloque serait déplacé si elle le portait devant ses classes. Elle n’a qu’à s’habiller autrement au travail. La liberté d’expression lui donne le droit de porter un tel t-shirt, mais la liberté d’expression s’exerce dans un cadre. Les limites quant à ce qu’on communique par l’habillement existent partout dans la fonction publique, pas seulement dans l’enseignement. Dans certains métiers, ils sont nettement plus contraignants que dans les cégeps, il n’est même pas rare qu’il y ait tout bonnement un uniforme à porter. Prétendre que les croyants seraient exclus parce qu’on attendrait d’eux la même chose qu’on attend de tous, à savoir, respecter des limites quant à leur habillement et exercer leur liberté d’expression dans un cadre compatible avec un décorum qui peut s’appliquer dans telles ou telles circonstances, c’est de la victimisation et un appel aux sentiments.

Eve Torres a eu l’audace de prétendre que l’attentat à la mosquée de Sainte-Foy a été vite oublié. Nous n’en revenions tout simplement pas : au contraire, on nous casse les pieds avec ça depuis un an, même quand ça n’a aucune pertinence par rapport au sujet dont on discute. Chaque fois qu’on veut prouver l’existence d’une extrême-droite et d’une islamophobie omniprésentes, on nous ressort cet évènement (dont nous ne voulons cependant pas nier ni minimiser la gravité). Cet évènement est censé prouver l’islamophobie qui imprègne la société québécoise jusqu’aux os, et ceux qui disent cela sont les mêmes qui, à chaque attentat commis par des musulmans intégristes, disent qu’il ne faut pas faire d’amalgames (nous savons que là, c’est nous qui sortons les mêmes arguments qui reviennent tout le temps, mais que voulez-vous, si on nous ressort le même argument fallacieux, la réponse est également la même).

Nous avons également eu droit à quelques enflures verbales de la part d’Eve Torres, notamment lorsqu’elle a présenté Mathieu Bock-Côté comme un cracheur de haine et Jean-François Lisée comme un homme de pouvoir : quel pouvoir le chef de l’opposition, chef d’un parti qui ne cesse de perdre du terrain selon les sondages en plus, a-t-il selon elle ?

En ce qui concerne les enflures verbales, Haroun Bouazzi n’a vraiment pas laissé sa place. Il a insisté sur les privilèges des hommes dans notre société, mais il l’a fait de façon caricaturale, par exemple en disant que la nuit, les femmes préfèrent contourner un parc au lieu de le traverser alors qu’aucun homme ne se pose cette question. C’est complètement faux. Les hommes se font eux aussi agresser dans les parcs et les hommes comme les femmes hésitent à traverser un parc de Montréal-Nord la nuit. Bouazzi n’a-t-il jamais entendu parler des hommes qui se font tabasser dans le Village gai ? Son discours manifeste un manque de nuance et de rigueur assez important.

Au début de sa présentation, Bouazzi, pour prouver l’existence de l’islamophobie, a affirmé que toutes les mosquées du Québec ont été victimes de vandalisme. Lors de la période de questions, une personne dans la salle lui a demandé la source de cette information, en précisant que les fake news ne sont pas pour favoriser la cause des musulmans. Bouazzi a répondu qu’il avait visité une trentaine de mosquées et que toutes celles qu’il avait visitées avaient été victimes de vandalisme, même si cela n’avait pas toujours été rapporté à la police. Il est donc passé de toutes les mosquées du Québec à seulement une trentaine.

Comme s’il n’avait pas suffisamment dérapé, Bouazzi a même fini par déclarer que le droit de porter le foulard (sic) doit être défendu comme le droit de “choisir l’homosexualité”. Ce sont des propos qui font sursauter. La science sérieuse sait depuis un bon moment déjà que l’orientation sexuelle n’est pas un choix. Elle s’impose à nous, et même si elle peut se modifier au cours d’une vie, ce changement n’est jamais volontaire. Si on pouvait choisir son orientation sexuelle comme on peut choisir de porter le voile islamiste, les personnes homosexuelles voulant changer d’orientation ne se suicideraient pas en si grand nombre. Autrefois, on donnait des électrochocs ou on faisait des lobotomies aux personnes qui étaient homosexuelles pour les “guérir”. La littérature scientifique est claire là-dessus : il est impossible de changer volontairement d’orientation sexuelle, même en suivant un traitement. L’homosexualité, comme l’hétérosexualité, n’est pas un choix. Le choix que nous avons, c’est de l’accepter ou non. L’orientation sexuelle est déterminée par des phénomènes environnementaux et génétiques qui sont hors de notre contrôle. L’identité religieuse ne se compare pas à l’orientation sexuelle. Les désirs physiologiques ne sont pas des convictions profondes “authentiques”. On ne peut pas changer de préférence sexuelle comme on peut modifier ses croyances religieuses. En disant que l’on peut choisir son orientation sexuelle, Bouazzi propage un préjugé de la droite la plus rétrograde. En fait, les homosexuels n’ont pas choisi leur orientation, ils ont seulement été chanceux.

Outre tout cela (la victimisation, la prétention d’exclusion alors qu’on se fait demander la même chose que les autres, confondre foulard et voile islamiste, prétendre que l’homosexualité est un choix, dire des énormités au sujet du vandalisme des mosquées, la définition tronquée du racisme, traiter Mathieu Bock-Côté de cracheur de haine, mettre la faute sur les autres sans chercher à se responsabiliser), il est à noter qu’on a eu droit à la prétention que “la blanchité n’est pas une couleur” et, si Bouazzi a passé la soirée à parler du “groupe majoritaire”, il s’est montré incapable de définir ce dernier quand quelqu’un lui a demandé de le faire durant la période de questions. Bien entendu, ils n’ont pas raté l’occasion de nous ramener le référendum de St-Apollinaire. Somme toute, c’étaient les mêmes arguments qu’on nous sert tout le temps, et qui ne convainquent que ceux qui sont déjà vendus à la propagande sur l’islamophobie.

 

 

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